Dans une démocratie locale qui fonctionne correctement, ce devrait être la commune qui défend ses habitants.
Les citoyens ne devraient pas devoir collecter des milliers d’euros pour financer des avocats, analyser des milliers de pages de dossier ou consacrer des centaines d’heures de bénévolat à vérifier le travail des autorités.
C’est normalement le rôle des pouvoirs publics.
Le rôle premier d’une commune n’est pas de défendre un promoteur immobilier. Son rôle est de défendre l’intérêt général, de veiller à ce que les projets privés s’intègrent harmonieusement dans le territoire, respectent les habitants, anticipent les besoins futurs et contribuent réellement au développement de la collectivité.
Or, dans le dossier Equilis, de nombreux citoyens ont aujourd’hui le sentiment que cette mission a été abandonnée.
CE QUI EST CONTESTé, c’est la manière dont ce projet a été porté et autorisé.
- L’absence d’une vision globale préalable.
- L’absence d’un véritable Schéma d’Orientation Locale (SOL).
- L’absence d’un Schéma de Développement Commercial (SDC).
- L’insuffisance des charges d’urbanisme obtenues en contrepartie d’une opération estimée entre 60 et 80 millions d’euros.
- Le faible niveau de réponse apporté à de nombreuses observations citoyennes.
- Une logique où les habitants devraient s’adapter au projet plutôt que l’inverse.
Avant d’autoriser un projet qui transformera durablement le centre de Hamme-Mille, ne fallait-il pas d’abord définir collectivement ce que les habitants souhaitent pour leur village ?
Qui défend encore les riverains ?
La question devient préoccupante lorsque les différentes autorités semblent converger dans le même sens.
- Lorsque la commune se range derrière un promoteur, qui défend encore les riverains ?
- Lorsque le Collège communal soutient un projet malgré les réserves exprimées par la population, qui porte encore la voix des habitants ?
- Lorsque le ministre confirme à son tour cette décision malgré l’importance des arguments développés dans les recours, …
- …
Qui reste-t-il pour défendre l’intérêt des citoyens ?
La réponse est simple : les citoyens eux-mêmes.
Cette mobilisation n’est pas un choix de confort. C’est une nécessité lorsque plus personne ne semble assurer ce rôle de contre-pouvoir.
Le combat du citoyen contre les moyens financiers du promoteur
Un projet de cette ampleur mobilise naturellement ; des bureaux d’études spécialisés ; des consultants ; des experts techniques ; des juristes ; des moyens financiers considérables.
La réalité est donc brutale : si les citoyens veulent encore être entendus, ils doivent financer eux-mêmes leur défense.
Chaque euro récolté sert à rétablir un minimum d’équilibre entre la puissance financière d’un promoteur et le droit des habitants à faire entendre leur voix.
Certains parlent de « contestation systématique ».
Cette accusation est aussi commode qu’inexacte. Elle dispense surtout de répondre aux arguments.
Depuis le début du dossier, des analyses détaillées concernant : l’urbanisme ; la mobilité ; les risques d’inondation ; la planification territoriale ; le commerce ; le patrimoine ; l’environnement ; les procédures administratives.
Ces arguments existent. Ils sont publics. Ils sont documentés. Ils méritent mieux que des caricatures.
Une question de confiance démocratique
Une question demeure :
Comment en est-on arrivé à ce que tant de citoyens aient le sentiment que les institutions qui devraient les protéger défendent davantage un projet privé que l’intérêt général ?
Cette question mérite d’être posée sereinement.
Le 12 novembre 2024, j’ai eu l’occasion d’interpeller la commune à ce sujet ici
https://interets-citoyens.be/la-politique-urbanistique-a-beauvechain-lurgence-a-hamme-mille/
Toute la lumière doit être faite sur :
- les mécanismes de décision ;
- les éventuels conflits d’intérêts ;
- les liens fonciers ou patrimoniaux pouvant exister autour du dossier ;
- les raisons ayant conduit les autorités à écarter autant de remarques citoyennes.
Car au-delà d’un projet immobilier, c’est une question de confiance démocratique.
Et lorsqu’une partie de la population perd confiance dans les mécanismes de décision publique, c’est toute la démocratie locale qui s’affaiblit.
LE recours ne vise pas seulement un projet immobilier.
Il vise aussi à rappeler un principe fondamental :
Les institutions existent d’abord pour protéger l’intérêt général.
Lorsque cette mission n’est plus assurée, il appartient aux citoyens de reprendre le relais.
Jean-François MiTSCH
Message individuel
