Beauvechain : Une trajectoire financière jugée « fragile » et structurellement dans le rouge

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Une trajectoire financière jugée « fragile » et structurellement dans le rouge !
(Analyse du conseil communal de mars 2026)

​L’analyse du bilan budgétaire présenté lors du conseil révèle une réalité préoccupante :

pour la deuxième année consécutive, le fonctionnement quotidien de la commune présente un déficit sur l’exercice propre. Si le résultat global est maintenu à l’équilibre en apparence, c’est uniquement grâce à des « perfusions » financières issues des réserves et des résultats des années passées.

En clair : aujourd’hui, les dépenses courantes de Beauvechain dépassent les recettes qu’elle génère sur l’année.

 

​1. L’effet de ciseaux : des dépenses galopantes face à des recettes atones
​Le principal moteur de ce déséquilibre est une croissance des dépenses bien plus rapide que celle des revenus. La commune subit une pression sur trois fronts :
​Une masse salariale en forte hausse : Les dépenses de personnel pèsent désormais pour près de 42 % du budget total. Cette augmentation s’explique par l’indexation automatique liée à l’inflation, mais aussi par un élargissement des effectifs, avec l’arrivée de 11 équivalents temps plein supplémentaires en seulement trois ans.
​Des coûts de transfert incompressibles : Beauvechain doit verser des montants croissants à la zone de police, dont les coûts explosent également sous le poids de l’indexation des salaires des agents.
​Une inflation opérationnelle marquée : Les coûts de fonctionnement (énergie, fournitures) ont grimpé de plus de 5 %, une hausse qui dépasse largement le taux d’inflation général.

​2. L’érosion de la base fiscale et le défi démographique
​Pendant que les factures s’alourdissent, la principale source de revenus de la commune ( l’impôt sur les personnes physiques (IPP) ) montre des signes d’essoufflement inquiétants.
​Le vieillissement de la population : La commune fait face à un tassement de sa population active. Pour la première fois, le nombre de seniors (plus de 65 ans) dépasse celui des jeunes de moins de 18 ans, réduisant ainsi progressivement la base des contribuables actifs.
​Un rendement fiscal limité : La croissance de l’IPP n’a été que de 0,55 % en 2025, alors que l’inflation atteignait 2,47 %. Cette stagnation signifie concrètement que la fiscalité locale ne parvient plus à suivre l’augmentation du coût de la vie.

​3. Entre « déficit caché » et mirage des investissements
​Au-delà des chiffres bruts, c’est la lisibilité de la stratégie communale qui pose question.
​Le déficit réel de l’année : Sans l’injection exceptionnelle de provisions antérieures (environ 274 000 €), le déficit réel sur l’activité propre de l’année 2025 s’élèverait à 522 000 €. C’est ce qu’on appelle un équilibre artificiel.
​Le décalage des projets : Un fossé sépare les budgets annoncés et les projets réellement sortis de terre. Le taux d’exécution des investissements ne serait que de 13 % sur la période récente. Cela suggère que la commune affiche des ambitions qu’elle n’a plus la capacité administrative ou financière de concrétiser.

​Conclusion :
​La situation est aujourd’hui qualifiée d' »équilibre très fragile » par le directeur financier lui-même (il avait d’ailleurs émis un avis négatif sur le budget en décembre 2025). Ce dernier appelle à la plus grande prudence, notamment face au recours croissant à l’emprunt pour financer les investissements alors que les marges de manœuvre du quotidien s’évaporent. La commune devra impérativement prioriser ses projets et faire des choix de gestion stricts avant de se retrouver totalement coincée financièrement.

MiTSCH JF
La rediffusion du conseil communal se trouve ici
https://youtu.be/iOnmKkaHjCE

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